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La Zakât est un don et un prêt magnifique : Le message divin lie la Zakât et les dons au concept de dépense sur « le Chemin de Dieu »

Par Le penseur Alî Muhammad Al-Churafaa al-Hamâdî

 

L’Aumône légale, Al-Zakât, bénéficie d’un rôle central et important dans le message divin et qui consiste à définir les bases d’une solidarité citoyenne, au sens noble du terme. Le message divin édifie les bases de la dépense dans le chemin de Dieu, considérée comme une forme de Jihâd, une lutte et un moteur qui fait avancer la grande communauté, la ’Umma : une solidarité entre les populations afin d’espérer bénéficier de la Clémence de Dieu, comme il est dit : « Ceux qui dépensent leurs richesses dans le Chemin de Dieu ressemblent à un grain qui produit sept épis et dont chacun donne cent grains. Dieu augmente les biens de celui qu’Il veut. Il est immense et omniscient. » Coran (II, 261)

C’est ainsi que la Zakât se retrouve à la tête de tous les dons d’une part, symbolise la plus noble des solidarités sociales d’autre part, et avec laquelle se construit et se développe la société.

A propos de cette Zakât, le message divin fournit des significations profondes qui dépassent la compréhension de ceux qui se prennent pour des Ulémas ou des jurisconsultes. Elle porte en son sein un des secrets de cette immuable religion à partir du moment où elle joue un rôle fondamental et est un outil essentiel dans la consolidation de l’unité de la ’Umma et la paix des populations.

Cette dépense sur le Chemin de Dieu est ainsi appelée, Zakât, car elle purifie l’âme humaine et la tire vers le Bien, loin de tout Mal et la société devient alors solidaire, vertueuse et unie tel une solide construction. C’est en ce sens qu’elle est considérée comme une obligation, au même niveau que la prière, le jeûne ou le pèlerinage en confirmation de : « Acquittez-vous de la Prière, faites l’Aumône ; le bien que vous aurez fait, vous le retrouverez auprès de Dieu, Dieu qui voit vos actions. » Coran (II, 110)

La Zakât comme soupape de sécurité des nations

La Zakât imposée par Dieu et préservée dans le Saint Coran n’est autre qu’un partage entre les riches et les pauvres. Elle est considérée comme une alliance entre eux dès que celui qui reçu une richesse en donne une part à celui qui en a besoin en partant du principe que les richesses proviennent de Dieu ; ce qui fait des gens riches des intermédiaires, un trait d’union pour transmettre le bien aux nécessiteux comme il est rapporté : « Donnez leur quelque peu de ces biens que Dieu vous a accordés. » Coran (XXIV, 33) et : « Faites dépenses sur les richesses dont Il vous a confié la charge ! » Coran (LVII, 7)

Il s’ensuit que, dans le message divin, la Zakât vient comme une bouée de sauvetage de la pauvreté à partir du moment où la personne aisée donne quelque peu de ses biens aux nécessiteux afin de les aider dans leur vie et leur donner une certaine stabilité. Elle est ainsi considérée car elle forme une base solide pour édifier une société forte et saine, où prédomine l’esprit de la solidarité, de l’entraide et de la bonne entente, loin de toute haine, infamie ou jalousie.

Cette obligation de la Zakât n’est pas propre à l’Islam. Bien avant, elle était considérée comme un impératif incontournable à partir du moment où elle aide les nations à lutter contre la pauvreté, la vieillesse, et les manques, comme il est rapporté concernant Abraham : « Nous fîmes d’eux des chefs qui dirigent les Hommes selon Notre Ordre et Nous leur inspirâmes la pratique des bonnes œuvres, m’accomplissement de la Prière et l’acquittement de l’Aumône légale. A notre culte, ils étaient fidèles. » Coran (XXI, 73)

Il est cependant important de dire que le message divin lui octroie encore une dimension principale puisqu’il l’a considérée comme l’atout majeur pour protéger les nations à condition que les musulmans l’accomplissent de manière juste. Ceci conduit au développement des sociétés avec l’éradication de la pauvreté et de la misère. Il est malheureux d’apprendre que les jurisconsultes aient donné une interprétation autre que celle détaillée plus haut, en réduisant la Zakât à une obligation qui ne répond pas vraiment à la volonté divine qui promeut une stimulation de l’élan de la solidarité citoyenne, dès qu’ils ont décidé de la fixer au taux intouchable de 2,5%. Ce qui n’est, en réalité, ni juste ni équitable. Pis encore ! Ce n’est pas ce taux qui réaliserait le but voulu par la loi divine. Elle est, en effet, un partage entre les pauvres et les riches afin de protéger les nations et le taux de 2,5% est erroné car la Zakât n’est pas une question de taux ou de pourcentage financiers. Elle est imposée pour chaque musulman afin de participer à l’équilibre social et à l’autosuffisance des peuples réduisant ainsi l’écart entre les classes sociales et formant une société vertueuse sans famine, sans nécessiteux, en fournissant les traitements pour les malades, etc. Elle intervient ainsi pour purifier les biens des gens ayant acquis des richesses et que Dieu bénit et leur double ce qu’ils ont dépensé de leur gain, selon le taux fixé par la loi divine qui est de 20% en correspondance avec ce qui est rapporté : « Sachez que, lorsque vous avez fait un butin, la cinquième part en revient à Dieu, à l’Apôtre, aux parents, aux orphelins, aux Pauvres et aux Voyageurs. » Coran (VIII, 41). Ce taux décidé par la loi divine est récolté et distribué en correspondance avec ce qui est dit : « O Croyants ! faites dépense des meilleures choses que’ vous avez acquises, des fruits que Nous avons fait sortir pour vous de la terre. Ne distribuez pas en largesses la partie la plus vile de vos biens telle que vous ne la recevriez pas vous-mêmes, à moins de fermer les yeux. Sachez que Dieu est riche et comblé de louanges. » Coran (II, 267)

Dieu a fait de la Zakât, dans Sa Loi divine, le garant de la solidarité et l’entraide sociale puisqu’Il la voulue, à la fois, obligation et culte et que celui qui en est capable de faire et ne le fait pas commet un acte répréhensible, alors que de l’autre côté Dieu épargne les pauvres de cette obligation et ils ne la doivent pas tant qu’ils n’ont pas les moyens de le faire.

 

La Zakât jouit donc d’une place centrale dans le message divin puisqu’elle est l’outil pour créer la solidarité entre les populations car elle est considérée par le Seigneur comme un partage financier entre le riche et le pauvre sachant que les biens appartiennent à Dieu qui les a donné aux riches par une sagesse afin qu’ils en donne 20%, des gains pures, aux pauvres, sans contrainte temporelle c’est à dire qu’à chaque fois qu’un gain est réalisé, la part de 20% doit être donnée. Le sens réel de la Zakât, dans le message divin, part donc de ce principe qui rappelle que Dieu est celui qui possède vraiment les richesses et les biens, mentionné dans le Coran sur ce principe fondamental : « Donnez-leur quelque peu de ces biens que Dieu vous a accordés. » Coran (XXIV, 33)

En outre, l’humanité toute entière, sans exception, est concernée par l’acquisition des biens, de l’investissement et de profiter légalement de ces richesses et ces biens, comme il est dit : « Faites dépenses sur les richesses dont Il vous a confié la charge ! » Coran (LVII, 7)

 

En résumé, plusieurs significations du message de l’Islam se manifestent comme le fait que c’est une religion appelant à la solidarité et non à l’individualisme et incitant à consolider les liens entre les populations musulmanes afin d’édifier une société vertueuse au sein de laquelle les citoyens réalisent des projets communs qui apporteront leurs fruits sur toute la société, mettant ainsi les intérêts de la nation et de la ’Umma au dessus des intérêts individuels.

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